"oui c'est vrai major, vous avez raison" semble dire Philippe Poutou, la nouvelle coqueluche du major.
Ca y est, c'est arrivé. Major est amoureux... de Philippe Poutou.
Cette nouvelle ne lassera pas d'étonner quand on sait que major, depuis qu'il a arrêté d'être gauchiste, voue une haine urticaire à tout ce qui se trouve à gauche de Eric Zemmour et ça fait du monde. Depuis quand le talent résiderait-il dans le nombre, major vous prie bien de lui dire?
Ecoutez la démonstration bananienne sans perdre le fil dans les méandres et vous allez comprendre.
Major a cessé de s'intéresser à la politique quand il s'est rendu compte que ça rendait idiots des gens qui ne l'étaient pas forcément au départ. Néanmoins, major continue de se pencher sur le spectacle qu'offre la campagne présidentielle, comme un entomologiste sur les cafards au fond de la bouteille pour savoir qui sera le roi de la bouteille. Mais franchement, le cœur n'y était pas depuis que le "bandard fou" (DSK) s'était fait choper juste 6 mois trop tôt pour redonner des couleurs à une campagne aussi morne que la plaine de Waterloo après que Blücher ait définitivement fait passer à la France l'envie de peter plus haut que son cul.
Voilà, on en était là quand la campagne a commencé, avec des pourcentages Kim Il Sunguesque en faveur de Hollande au deuxième tour.
Les mêmes sondages à 20% en faveur de La Pen (féminin de Le Pen) censés foutre les jetons, comme on va au train fantôme pour faire peur à Paulette et profiter de l'obscurité pour lui palper les nibards. Mais revenons aux choses sérieuses.
On en était là. Rien de nouveau sous la lune. Le même charabia un million de fois entendu. Cheminade peut-être sortait du lot avec son plan d'autoroute spacio-temporelle vers Mars et pas se faire chier dans les embouteillages? Mais finalement non. Etait-ce plus irréaliste que la république mondiale des conseils ouvriers prônée par la momie trotskiste Nathalie Arthaud, avec ses douze mots de vocabulaire vomi par ce cloaque au rictus haineux qui lui sert de bouche? Est ce que Bayrou, ce yaourt avarié, allait oui ou non devenir le fameux troisième homme?
Major errait hagard dans sa chambre de 9m², pas rasé, pas lavé, tordu de douleur par un "finger-elbow" à force de zapper entre BFM et I-TV à la recherche du scoop introuvable.
Major a vu le candidat du NPA, Philippe Poutou, rasé avec une petite cuillère, la tenue débraillée et la coiffure qui va avec, peinant à expliquer avec ses mots d'ouvrier la théorie de la plus-value (Karl Marx Das Kapital livre 1, chapitre douze) par ces termes: "ben oui quoi, les ouvriers tout ce qu'ils veulent, c'est gagner le plus possible, quoi, et en foutre le moins possible, quoi..."
Là n'est pas la surprise. Qu'un candidat gauchiste nous explique que les riches ont pris aux pauvres et que les pauvres, ils ont qu'à prendre aux riches pour qu'il y ait la justice, cela n'étonne plus personne. Que son programme politique ait six ans d'âge mental, soit. Qu'il faille deux neurones pour le comprendre et douze minutes de formation pour fabriquer un militant du NPA opérationnel dans un lycée technique du Val de Marne, soit. Mais à l'élection présidentielle quand même... Comme si un prof de la fac de médecine expliquait aux étudiants que papa a mis la petite graine dans le ventre à maman parce qu'il l'aimait très fort et que c'est comme ça que l'humanité s'est reproduite. Un peu léger même si globalement, c'est vrai. D'un autre coté, si on compare le niveau intellectuel du NPA à celui des momies de Lutte Ouvrière, ils ont de la marge.
A ce stade, major n'était pas étonné. Philippe Poutou n'était qu'un pur produit marketing de l'ouvriérisme à deux balles, juste bon a ramener dans les filets trotskistes les résidus chrétiens qui prennent encore pour du marxisme les tartes à la crème du style: "toujours du coté des pauvres, des faibles et des perdants ". Pour que personne ne flaire l'arnaque, les intellectuels raffinés genre Krivine avaient mis en avant Besancenot, mais malgré un travail débile et répétitif de postier, celui-ci restait assez cohérent et agressif pour qu'on voit les petits bouts de trotskiste professionnel surnager dans la soupe. Il en fallait plus. Alors ils ont trouvé Poutou, avec son expression de béatitude inamovible qui lui promet une place à la droite du seigneur au royaume des cieux, selon la formule du Christ concernant les faibles d'esprit.
Poutou reprenait la rengaine gauchiste totalement imparable. "Des écoles, pas des prisons", "Des frères, pas des matons", "une seule planète pour tous les citoyens du monde", "police partout, justice nulle part", etc.... autant de formules incantatoires à zéro risque que si t'es pas d'accord avec, t'es qu'un salaud. Tellement réussi le Poutou que même les journalistes du Figaro se sont attendris sur le personnage mais major est un coriace qui ne s'en laisse pas compter.
Quand soudain, major a vu la gloire. "In hoc signo vinces", a pensé major. Il est comme ça major, sous le coup d'une émotion, il pense latin. Major a fait pipi culotte tellement il était content major.
Au journaliste qui rappelait ses intentions de vote à 1,5% Poutou a corrigé: "non ce matin, je suis à 0,5% seulement". Major a beau faire un gros effort de mémoire, il n'a pas le souvenir d'un type qui se présente aux élections en minimisant son influence dans le public.
Ensuite, au cours de l'interview, Poutou avoue benoîtement qu'il est en train de se faire chier quand d'autres sont prêt(e)s à toutes les humiliations de la télé-réalité pour gagner leur quart d'heure de gloire et le monnayer sévèrement le moment venu mais Poutou, il s'en fout. Il préférerait être à l'usine avec ses potes au lieu de faire le zouave devant des cameras même si c'est pour l'abolition de l'enfer capitaliste.
Major a d'abord pensé que Poutou n'avait pas de surmoi, pour parler comme un mec qu'à été à la fac. Certes, Poutou a une foi inextinguible en l'Humanité et s'il se réincarnait en clébard, il irait rouler des pelles aux cambrioleurs. Mais là n'est pas le vrai message poutouesque.
Au prix de marché de la minute de pub télévisuelle, la gueule à Poutou a reçu l'équivalent de 7.375.000€ pour cette seule émission. Il s'agit d'un capital virtuel car pour le réaliser, encore faudrait-il le mettre en valeur. Par exemple, accepter un contrat de pub pour des yaourts au bifidus. Ben quoi? C'est un boulot. Libre à lui de reverser 98% de ce qu'il a gagné au NPA pour payer les meetings. Est-ce plus grave que les comédiens bobos de service genre Pierre Arditi (Credit Lyonnais) ou Jacques Weber (Danone anti cholesterol) qui touchent en une journée plusieurs années de salaire à Poutou, ce qui n'induit chez eux aucune baisse du niveau de décibels anti-sarkozyste? Or Poutou ne le fera JAMAIS. Sa langue se dessécherait plutôt que de dire du bien d'une bagnole ou d'un plan d'épargne.
Poutou, c'est le brave mec. Point barre. Major ne connaît pas Poutou mais major sait que Poutou ne bat pas sa femme même si elle fait chier grave. Même avec un verre dans le nez, Poutou ne va pas chercher la bagarre le samedi soir à la fête à Neuneu. Poutou ne va pas empocher une monnaie excédentaire rendue par une caissière distraite. Poutou fait la vaisselle. Poutou ne mets pas l'autoradio à fond pour que tout le monde voit qu'il a une grosse bagnole. Poutou n'a pas de grosse bagnole. Poutou s'arrête à l'orange. Poutou n'a pas une paire de couilles à la place du cerveau. Poutou pisse dans le lavabo comme tous les mecs mais c'est pour pas salir la lunette des WC et après il fait couler l'eau longtemps. Poutou c'est un mec en or. Tout le monde est d'accord pour faire du camping avec Poutou au fin fond des Pyrénées ariégeoises par temps de pluie et ça, major peut vous le dire, ça abrase le système nerveux.
Il faut juste que Poutou arrête de faire de la politique. Poutou se discrédite et bassine tout le monde quand il dévide l'éditorial avec un débit de chiasse logorrhéique. C'est le seul cas de figure où on a envie de lui dire: "Poutou, ta gueule, tu fais chier", ce qui ne réussirait pas à le mettre en colère.
Poutou est l'incarnation du principe bananien: "la politique rend idiots des gens qui ne l'était pas forcément au départ".
Major aime quand on lui donne raison. Poutou donne raison au major. Major aime Poutou. A condition qu'il arrête de faire chier avec ses conneries.






